S’occuper des enfants en Ontario (SOCEN Ontario)

Equipe du projet S’occuper des enfants en Ontario (SOCEN)

De gauche à droite : Erik Michael, Meagan Miller, Cynthia Vincent, Barbara Greenberg, Laure Tchamba Tchobet, Robert Flynn. Crédit photo : CRECS

Le projet S’occuper des enfants en Ontario (SOCEN Ontario) (de 2000 à aujourd’hui)

Dans la province de l’Ontario comme en d’autres endroits, l’accent en matière de bien-être de l'enfance s’est déplacé, passant des extrants (la quantité de services fournis, exprimée par exemple en fonction du nombre d'enfants en famille d’accueil) aux résultats (les avantages découlant de ces services, exprimés par exemple en fonction de la proportion de jeunes en famille d’accueil qui terminent leurs études secondaires ou postsecondaires). En conséquence, le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse de l’Ontario (MSEJ) a exigé en 2006 que l’approche de suivi des résultats élaborée par le projet S’occuper des enfants en Ontario (SOCEN Ontario) soit mise en œuvre dans les sociétés d’aide à l’enfance (SAE) locales de l’ensemble de la province. À l’heure actuelle, 43 des 48 SAE ontariennes utilisent le principal outil créé par SOCEN Ontario pour évaluer les besoins des jeunes en matière de services et faire le suivi de leurs résultats. Il s’agit plus précisément de la plus récente version (2016) de la deuxième édition canadienne du Cahier d’évaluation et de suivi (CES-C2-2016).  Le travailleur du bien-être de l’enfance remplit le CES dans le cadre d’une entrevue avec l’enfant ou le jeune (si ce dernier est en famille d’accueil depuis un an ou plus) et avec la personne principalement responsable de l’enfant.

Le projet S’occuper des enfants repose sur une approche développementale des services de bien-être de l’enfance qui a été élaborée en Angleterre et au pays de Galles en réponse à des préoccupations à l’égard de la qualité des résultats observés chez les jeunes pris en charge. Le modèle S’occuper des enfants visait au départ à évaluer les résultats des services et s’articulait autour de plusieurs principes de base. Premièrement, les enfants et les jeunes pris en charge en dehors du milieu familial ont droit à la même qualité de compétences parentales que les enfants bénéficiant de la présence de parents aimants et responsables dans la communauté. Deuxièmement, pour que les besoins des enfants soient pleinement comblés, il doit exister un solide partenariat entre tous les adultes qui interviennent dans les soins parentaux « organisationnels » ou de substitution offerts aux enfants pris en charge, ce qui englobe les familles biologiques, les familles d’accueil, les travailleurs sociaux et les autres professionnels.  Troisièmement, les interventions visant à promouvoir des résultats optimaux chez les enfants et les jeunes pris en charge doivent se fonder sur un savoir et des résultats de recherche dans le domaine du développement de l’enfant. Enfin le projet S’occuper des enfants met l’accent sur des cibles de résultats de même niveau au regard du bien-être et de la réussite tant chez les jeunes pris en charge que dans la population générale, cela même si les jeunes pris en charge peuvent bien souvent présenter des besoins plus importants. Cette approche repose sur le principe que des résultats positifs sont toujours possibles, même dans des circonstances moins qu’idéales.

Le projet SOCEN Ontario vise à favoriser une adaptation et des résultats positifs chez les jeunes dans huit principaux aspects du développement : santé, éducation, identité, relations sociales et familiales, présentation sociale, développement affectif et comportemental, habiletés de soins personnels et atouts de développement. Actuellement, quelque 6000 jeunes pris en charge, des nourrissons aux jeunes adultes, font l’objet d’une évaluation des besoins développementaux et des résultats chaque année en Ontario. La version française du CES est également utilisée au Québec, sur une base volontaire plutôt qu’obligatoire.  Le projet SOCEN Ontario produit chaque année un rapport public ainsi que des rapports confidentiels sur chacune des 43 SAE participantes. En outre, le projet produit tous les ans aux fins du cadre de responsabilisation de l’Ontario trois indicateurs de rendement au regard du bien-être: les progrès du jeune en matière d’éducation, les perceptions quant à la qualité des relations avec les personnes en charge et le niveau des atouts de développement. Le projet a de plus été à l’origine de nombreux articles dans des revues à comité de lecture, chapitres d’ouvrages et thèses de doctorat.

 

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